Incendie de Notre-Dame de Paris : Serge Delhaye interviewé par Le Parisien

By 16 avril 2019À la une

Les origines du sinistre survenu ce lundi sur la toiture de la cathédrale sont inconnues dans l’immédiat. Une enquête a été ouverte. La hauteur de l’édifice a compliqué l’intervention des pompiers.

Un incendie a éclaté à Notre-Dame de Paris, ce lundi, peu avant 19 heures. Les origines du sinistre sont inconnues dans l’immédiat. Une enquête a été ouverte. Cet incendie intervient à un moment où des travaux d’envergure ont été lancés sur le bâtiment, monument historique le plus visité d’Europe.

La piste d’un sinistre accidentel est privilégiée : des travaux de rénovation avaient été engagés, composés échafaudages disposés sur le flanc de la cathédrale.

Les enquêteurs étudient l’hypothèse d’un foyer provoqué par un travail de soudure sur la charpente en bois.

« Notre-Dame, c’est une boite d’allumette géante, un mikado, observe Serge Delhaye, expert judiciaire en incendies près de la cour d’appel de Paris. La charpente est très ancienne : entre les poussières de bois et la décomposition du bois en état spongieux, une flammèche, une soudure ou un court-circuit peut provoquer une braise incandescente indécelable durant plusieurs heures, voire jours, et se développer en incendie insidieusement. » Les experts judiciaires qui seront mandatés pour retrouver l’origine du foyer devront déterminer les responsabilités ou les négligences.

Pourquoi les pompiers n’ont-ils pas attaqué l’incendie de l’extérieur ?

Les images du feu se propageant à une vitesse folle sur la charpente contrastaient avec l’absence, pendant de longues minutes, de dispositif visible de l’extérieur : ni lances à eau déployées, ni grandes échelles posées sur le monument. C’est en réalité la doctrine française des soldats du feu. « Contrairement aux pompiers américains, les sapeurs-pompiers français s’attaquent aux incendies par l’intérieur et non de l’extérieur. Cette tactique est plus dangereuse pour les hommes mais plus efficace pour sauver le patrimoine, observe l’expert Serge Delhaye. Si l’on se concentre sur l’extérieur, on prend le risque de repousser les flammes et les gaz chauds, qui peuvent atteindre 800 degrés, vers l’intérieur et accroître les dégâts. »

Cette stratégie reste valable tant que les risques d’un effondrement total de l’édifice – bien réels – ne sont pas trop élevés. « Aucun général n’enverra un de ses hommes risquer sa vie pour sauver une charpente, même celle de Notre-Dame. Notre métier est de sauver des vies, et là il n’y a pas de vie en jeu », confie un militaire en poste.

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